Arts, sciences et harmonie


Et Dieu dit : « Câest ici le signe de lâalliance que jâĂ©tablis entre moi et vous, et tous les ĂȘtres vivants qui sont avec vous, pour les gĂ©nĂ©rations Ă jamais. Jâai placĂ© mon arc dans la nue, et il servira de signe dâalliance entre moi et la Terre. »
Livre de la GenĂšse, 9 : 12-13

LumiĂšre et Couleur (la thĂ©orie de Goethe) â Le Matin aprĂšs le DĂ©luge â MoĂŻse Ă©crivant le Livre de la GenĂšse de J.M.W. Turner, Rose sud Notre-Dame de Paris
La couleur comme

miroir de la nature


« Je ne forme pas dâautre vĆu que de me mĂȘler plus intimement Ă la nature et je ne convoite pas dâautre destin que dâavoir, selon le prĂ©cepte de Goethe, ĆuvrĂ© et vĂ©cu en harmonie avec ses lois. »
Claude Monet






Quant Ă lâesprit du Grand Nuancier, sans doute faudrait-il inverser, pour bien le dĂ©peindre, lâĂ©vocation si juste de Michel Leiris Ă propos de ce chef-dâĆuvre de Pablo Picasso quâest Guernica en 1937 : « Inutile de chercher des mots pour tenter de dĂ©crire cet abrĂ©gĂ© de notre catastrophe […] En un rectangle noir et blanc telle que nous apparaĂźt lâantique tragĂ©die, Picasso nous envoie notre lettre de deuil : tout ce que nous aimons va mourir. ». Puisquâil sâagit prĂ©cisĂ©ment dâexplorer ici, dans un contexte gĂ©nĂ©ral certes non moins dramatique aujourdâhui, en une infinitĂ© de rectangle colorĂ©s, tout le spectre chromatique entre le noir et le blanc (compris), comme un signe de paix, dâespoir et de vie.

« La couleur est la vie, tout ce qui nous entoure, ce que nous vivons. Tout le monde est couleur, tout le monde a une couleur. Jâai fait un tableau intitulĂ© Jâaime la Couleur, une façon Ă moi de combattre le racisme. Enfant, jâai entendu des choses que je nâarrive toujours pas Ă comprendre : il y a des gens qui auraient des couleurs et des gens qui nâen auraient pas… Ăa dĂ©passe lâentendement ! Il faut revoir la notion de couleurs. Câest mon combat. »
Chéri Samba


Le Grand Nuancier comme
allégorie (de la nature)
promotrice de coopération
« Tu aimeras ton prochain comme toi-mĂȘme »
Lévitique, 19 :18

Le paradigme coopératif
« La préférabilité des stratégies coopératives dans un contexte énergétique concurrentiel universel »

Les fondements théoriques :
âą Espace et matiĂšre Ă©tant une seule et mĂȘme chose qui est lâexistence mĂȘme, la nature consiste en un continuum (spatialement) infini de corps ; chacun de ceux-ci, Ă chaque moment, possĂ©dant une Ă©nergie quâil distribue en agissant sur lui-mĂȘme et son environnement (par lâexercice de quelque pression et action massive), dâoĂč rĂ©sultent (Ă ce moment) : chaleur, mouvement et toutes propriĂ©tĂ©s dynamiques (masse, Ă©nergie cinĂ©tique, etc.) des corps ; lâunivers, ainsi que lâensemble des corps qui le constituent, durant â en la composant successivement â une Ă©ternitĂ© (un temps sans commencement ni fin).
âą La puissance ou qualitĂ© dâĂȘtre dâun corps (Ă un moment donnĂ©) est le rapport entre son Ă©nergie (masse + Ă©nergie cinĂ©tique) et son volume. Or, dans son interaction avec lâenvironnement, un corps donne et reçoit de lâĂ©nergie. Il y a progression,profit, sensation de bien-ĂȘtre chez un corps lorsque son solde calorique est positif, ; rĂ©gression, gĂąchis, sensation de mal-ĂȘtre lorsquâil est nĂ©gatif
. Nota bene : on proposera ainsi clairement ici, en tant quâhypothĂšse de travail, la puissance (
) comme critĂ©rium axiologique fondamental, dĂ©finissant pour les corps toute valeur qualitative de lâexistence (des actions, effets, sensations, passions des corps Ă chaque moment).
âą Or, lâĂ©nergie de lâunivers est invariante et infinie â â, constituant Ă lâĂ©chelle de la totalitĂ© un jeu Ă somme nulle et Ă celle de chaque corps et sous-systĂšme un jeu Ă somme non-nulle ; câest ainsi que tous les corps et sous-systĂšmes de lâunivers Ă©voluent toujours (quant Ă lâĂ©nergie) dans des contextes concurrentiels (quels quâils soient, non-coopĂ©ratifs ou coopĂ©ratifs).
âą Il suit (statistiquement et probablement) de ce jeu des actions et passions, qui est toujours fondamentalement thermodynamique, ceci pour tous les Ă©tats de la matiĂšre, dans tous les rĂšgnes naturels (minĂ©ral, vĂ©gĂ©tal, animal, etc.), Ă toute Ă©chelle (omnidirectionnelle) de lâĂ©volution, il suit donc que les corps sâefforcent, dâaprĂšs leur expĂ©rience, dâoptimiser leurs profits par des stratĂ©gies plus ou moins coordonnĂ©es, plus ou moins rentables, plus ou moins intelligentes ; cet effort des corps pour maintenir et augmenter leur puissance, on le nomme conatus.
âą Par intelligence, on signifie donc la capacitĂ© dâun corps Ă utiliser son expĂ©rience afin dâaugmenter ou, du-moins, de maintenir le rendement de ses actes. Par raison, on signifie la capacitĂ© dâun corps Ă dĂ©finir, pour un contexte donnĂ©, la tactique ayant la probabilitĂ© maximum dâobtenir le rendement maximum. Plus son intelligence sera grande, plus elle tendra vers la raison. Enfin, par sagesse, on signifie non seulement la raison, mais aussi la mise en action par le corps de la stratĂ©gie dĂ©finie par la raison.
âą On entend par stratĂ©gies coopĂ©ratives (mutuelles), au sein dâun systĂšme de corps, celles de type bienveillant-bienveillant/gagnant-gagnant, aux dĂ©pens Ă©nergĂ©tiques de tiers corps (
).
âą La sagesse â qui est, tout Ă la fois, utilitariste, altruiste et Ă©cologique en Ă©tant incitative Ă coopĂ©rer â consistera pour un corps Ă agir selon le principe du maxi-mini : agir sur soi et son environnement de telle façon Ă maximiser ses propres gains et ceux dâautrui dont on profiterait, tout en minimisant ses propres pertes et celles dâautrui dont on ne profiterait pas. On aura ainsi, pour un corps ,
, oĂč â
â , â
â, â
â et â
â expriment respectivement la sagesse, les gains, les pertes et le profit favorable de
.
⹠En réalité, on ne saurait définir pour un corps de meilleure stratégie absolue ; mais seulement, relativement à chaque contexte, une hiérarchie de tactiques plus ou moins bonnes (probablement). Il apparaßtra néanmoins statistiquement :
– que les stratĂ©gies les plus coopĂ©ratives, Ă condition et Ă proportion de leur rĂ©ciprocitĂ©, sont aussi les plus rentables ; que la puissance moyenne de tout corps au sein dâun systĂšme est ainsi proportionnĂ©e Ă la coopĂ©ration (ââ) au sein de ce systĂšme ; câest-Ă -dire, pour un couple de corps
et
,
.
– que la coopĂ©ration au sein dâun systĂšme et la sagesse de ses Ă©lĂ©ments sont proportionnelles ; câest-Ă -dire, pour un couple de corps et
,
.
– que lâefficacitĂ© de la coopĂ©ration au sein dâun systĂšme est proportionnelle Ă lâĂ©quilibre entre actions coopĂ©ratives communes et actions coopĂ©ratives spĂ©cifiques de ses membres : unitĂ© et diversitĂ© ; et que câest cette habilitĂ© à « varier intelligemment le mĂȘme thĂšme » de la coopĂ©ration qui prĂ©side, dans la nature, Ă la formation, Ă lâĂ©volution, au progrĂšs des espĂšces, des individus, et de toutes les structures et fonctions qui les caractĂ©risent (rĂ©gulation, organisation, adaptation, communication, reproduction, etc.), avec bien-sĂ»r, sur notre planĂšte Terre, une source dâĂ©nergie (externe) principale : le Soleil.


